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Formation à la menuiserie en prison / AID Val de Senne

Avoir la possibilité de se former en prison, d’y apprendre les bases d’un nouveau métier, c’est augmenter ses chances d’(ré)insertion dans la société à la sortie. C’est le projet porté par l’AID Val de Senne : permettre aux détenus de la prison de Nivelles de découvrir les métiers de la menuiserie.

AID Val de Senne ASBL, Centre d’Insertion Socio-Professionnelle situé à Tubize (189 rue de Bruxelles).  Prison de Nivelles

Le projet

La mission pédagogique de l’AID Val de Senne,  Centre d’Insertion Socio-Professionnelle, est de favoriser l’insertion sociale et/ou professionnelle d’un public en parcours de (ré)insertion, ce dans l’optique de l’économie sociale et circulaire. Nous mettons en place des filières de formation à travers lesquelles les stagiaires ont l’opportunité de développer des compétences techniques liées à un métier, des compétences sociales et transversales. Chacune de ces compétences favorisant l’insertion dans le travail et dans la société.

Agréé par la Région Wallonne, notre CISP est membre de la fédération AID, de la fédération Ressource et service du MOC Brabant wallon, partenaire du Forem, des CPAS du Brabant wallon, des centres d’insertion de la région, … Nos principales filières sont dans le secteur de l’aide à la personne (aide ménager.ère) et dans des métiers manuels : ouvrier.ère en menuiserie, ouvrier.ère en rénovation écologique et ouvrier.ère valoriste.

Les stagiaires étant formés en situation réelle de travail, nous avons également une offre de services en menuiserie, rénovation et création de mobilier sur-mesure destinés à tout public (particulier, entreprises, asbl, marchés publics, …).

Dans le cadre d’un appel à projets, nous avons eu l’opportunité de créer une filière de formation d’initiation à la menuiserie au sein de la Prison de Nivelles en septembre 2017. Nos pratiques pédagogiques placent les apprenants au cœur du processus pédagogique, c’est pourquoi les stagiaires-détenus acquièrent savoirs et savoir-faire en réalisant des objets et mobiliers qui seront ensuite valorisés sur le marché ou qui font l’objet de commandes de clients.

La direction de la Prison de Nivelles a apporté tout son soutien à la mise en place de ce projet. Ce projet a ouvert la voie à des collaborations officielles, telles que Délégué à la formation, Service social de la prison, Service de détenus … mais aussi des collaborations de terrain avec le personnel de la prison qui reconnaît les bienfaits de cette filière de formation.

Dès le démarrage du projet, nous avons étroitement collaboré avec les directions de la prison, tant pour les aspects administratifs que logistiques. Au fil du projet, de nouvelles collaborations se sont créées avec différents services internes et externes de la prison.

Le projet, dans les cartons de l’AID depuis quelques années, a pu se concrétiser lors du premier appel à projets d’actions de formation en prison et à la sortie de prison lancé par le SPW Emploi Formation dans le cadre de la prévention du radicalisme en Wallonie en 2016. Et les appels suivants ont permis d’assurer la reconduction de la filière jusqu’à la fin de l’année 2020. Grâce à ces appels à projets, nous avons pu équiper un local de la prison en atelier de menuiserie avec machines et outillages professionnels. Cet atelier peut accueillir jusqu’à 8 stagiaires-détenus simultanément pour 6 mois de formation temps plein, reconductibles.

Depuis le démarrage, en septembre 2017, nous avons dispensé 13.738 heures de formation à 54 détenus-stagiaires.

Cette formation est un terrain d’expériences qui donne l’opportunité aux détenus de se former aux bases d’un métier en pénurie, de se réinsérer de façon positive et constructive dans un groupe, de se familiariser avec les règles du métier et de la vie professionnelle. Par ailleurs, l’accompagnement social spécifique au projet pédagogique des CISP offre d’une part, l’appui nécessaire à l’insertion positive au sein d’un groupe en travaillant sur les freins, ressources et motivation des stagiaires et d’autre part, le suivi vers l’« après détention », particulièrement important en vue d’une réinsertion sociale.

Dès le lancement du projet au sein de la prison, nous avons constaté un fort engouement de la part des détenus qui voient dans cette formation, outre une occupation positive à leur temps d’incarcération, une réelle opportunité de se former et d’acquérir des compétences professionnelles, voire la possibilité d’une « porte de sortie » puisque nous facilitons l’intégration des détenus-stagiaires libérés dans nos formations extramuros. La formation a acquis une forte reconnaissance positive des détenus formés (fiers de leurs réalisations) et des détenus qui ont l’occasion de passer à l’atelier (travaillant à la cuisine et qui apportent les repas ou à la technique …), mais aussi du personnel carcéral dans son ensemble.

La formation est organisée selon les principes de l’EFT c’est-à-dire que les compétences sont développées et travaillées en situation réelle de production. Ces méthodes visent à rendre le stagiaire le plus possible autonome et à développer des compétences nécessaires à la réinsertion dans la société (rythme de travail, organisation du travail, qualité, finitions, …) tout en étant un facteur important de valorisation et d’estime de soi, leviers importants dans ce parcours de réinsertion. Les réalisations des stagiaires sont d’ailleurs fort appréciées en prison, comme nous a témoigné une gardienne de prison découvrant l’atelier il y a quelques mois : « c’est la première fois que je vois quelque chose de beau dans mon métier ».

Cette formation a pour particularité de former les stagiaires-détenus à la création d’objets et de mobilier avec les techniques, outillages et machines spécifiques à la menuiserie tout en ouvrant le champ des compétences par la spécificité du type de matériaux avec lesquels les stagiaires sont formés. En effet, nous travaillons principalement avec des bois de récupération, ce dans une logique d’économie circulaire et d’éco-design. Cette spécificité permet de passer un message fort aux stagiaires-détenus, au personnel pénitentiaire et à l’entourage carcéral : un matériau considéré comme inutile peut être transformé et devenir un bel objet, un beau mobilier ayant de la valeur.

Ce projet permet aux détenus-stagiaires de canaliser leur énergie, trouver une forme d’apaisement, retrouver un rythme et se mobiliser autour d’un projet. La reconnaissance de la qualité de leur travail par les gardiens, les autres acteurs pénitentiaires et visiteurs participe également à ce processus positif et apaise les relations entre détenus et détenus-gardiens. Aussi, les stagiaires développent une plus grande estime de soi et le processus individuel de réintégration sociale est favorisé :« je peux avoir une place, un rôle à jouer dans cette société ».

Le processus d’insertion commence par permettre au stagiaire de se réintégrer dans un groupe et récupérer un rythme de vie similaire à celui de la vie active. Les stagiaires-détenus évoluent donc de façon constante, apprennent à s’accrocher et à se fixer des objectifs. Les évaluations régulières formelles et informelles permettent de confronter le stagiaire-détenu à son évolution et ont un rôle essentiel dans la motivation et la valorisation de soi et, in fine, la réintégration sociale et professionnelle.

Ce projet a donc des retombées positives tant sur l’individu-détenu que sur la structure-prison.

Perspectives de développement du projet

Récemment, nous avons introduit une demande d’agrément de la formation en tant que filière CISP, ce à partir de janvier 2021. Une réponse positive assurera la pérennisation de la formation au sein de la prison de Nivelles.

Aussi, au vu des résultats positifs tant pour chaque participant que sur la structure établissement pénitentiaire, nous sommes persuadés de l’utilité de développer de tels projets de formation-métier dans les établissements pénitentiaires.

Pour prendre contact

Personne en charge du projet : Clémentine Menil, directrice

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