skip to Main Content

Reportage Citoyenne 2018

Galerie d'images

Année citoyenne Verviers

L’Année Citoyenne Verviers est un projet de lutte contre le décrochage scolaire et la désaffiliation sociale porté par le CAP (AMO). Chaque année depuis 2010, le projet réunit un groupe de 8 jeunes âgés entre 16  et 25 ans pour une expérience de 6 mois.

Le projet

a. Identification de l’organisation en charge du projet :

Le CAP  est un service d’aide en milieu ouvert (AMO) du secteur de  l’Aide à la Jeunesse. Il est situé à Verviers et son arrondissement judiciaire couvre 8 communes : Verviers, Pepinster, Theux, Spa, Limbourg, Baelen, Jalhay, Sart.
La création du CAP remonte au milieu des années 80. Novateur et relativement isolé au départ, celui-ci s’inscrivait dans un mouvement réflexif et critique de la société au sens large et d’un certain nombre de dispositifs collaborant à la protection de la jeunesse (plus particulièrement le placement). Notre service AMO, par son histoire institutionnelle, plonge ses racines dans des fondamentaux qui sont la lutte pour l’égalité, la solidarité, la justice sociale,…

b. Contexte, le public-cible, la décision d’action, …

Les AMO sont, dans l’architecture du secteur de l’Aide à la Jeunesse, les seuls services non mandatés. Ils travaillent sur le principe de la demande et ne sont pas tenus de rendre des rapports aux autorités mandantes (SAJ, SPJ, IPPJ et Juge de la Jeunesse).
Ils s’adressent à des jeunes âgés de 0 à 22 ans ainsi qu’à leurs familles et mettent en œuvre leur action sur base des demandes qui émergent en lien avec difficultés rencontrées.


c.Description de l’action

Selon les réalités de terrain, l’évolution du service, la commande sociale,… des priorités d’actions sont envisagées. Toutefois, « la prévention » reste au cœur du dispositif AMO. L’action s’inscrit dans la lutte contre les violences exercées contre les jeunes et les familles.  Notre service articule le travail social individuel et collectif. A partir d’une analyse des besoins de notre division et plus particulièrement des communes que nous couvrons, nous dégageons un  certain nombre de problématiques sur lesquelles nous entendons travailler :

  • La pauvreté
  • La parentalité
  • La désaffiliation
  • Le contexte multiculturel
  • Autonomie des jeunes, la transition et le logement
  • Cadre de vie et mobilité

C’est donc dans sur l’axe de la désaffiliation que s’inscrit le projet « Année Citoyenne Verviers ».


d. Perspectives de développement du projet

Le projet Année Citoyenne Verviers est un projet de service civil citoyen développé par l’A.M.O depuis avril 2010. Il découle d’une série d’observations et conclusions proposées par le rapport de Prévention Générale du Conseil d’Arrondissement de l’Aide à la Jeunesse de Verviers (2009).  Sa mise en œuvre concrète est inspirée du projet Solidarcité, développé en Fédération Wallonie-Bruxelles.  La volonté de notre service A.M.O est de proposer à des mineurs en difficultés scolaires (en voie de décrochage ou ayant décroché), à des jeunes demandeurs d’emploi ou bénéficiant d’un faible revenu au CPAS, à des jeunes demandeurs d’asile ou des étudiants en attente de réinscription en école supérieure ; de pouvoir s’engager dans un projet citoyen.

Pour ce faire, le projet a dans un premier temps bénéficié d’un soutien du Ministère de l’Aide à la Jeunesse, dans le cadre d’un projet pilote. Les cinq éditions suivantes ont été soutenues par « les projets expérimentaux ».  La 6ème édition a été menée en partenariat avec la Maison des Jeunes de Hodimont qui a mis à disposition l’un de ses travailleurs pour accompagner les jeunes sur le terrain.

En 2016, l’A.M.O sollicite le soutien du Fonds Social Européen, via l’appel à projet (Accrojump) de lutte contre le décrochage scolaire. Notre demande reçoit une suite favorable et assied la démarche Année Citoyenne pour deux années. Elle permet l’engagement et l’entrée en fonction d’un éducateur (Agent FSE) pour un temps plein à partir du 1er janvier 2016. Le projet « Année Citoyenne Verviers » dispose donc d’un duo de travailleurs chargés de projet. L’équipe se compose par conséquent, d’un travailleur du CAP et d’un agent FSE. Notons que le soutien obtenu pour les années 2016 et 2017 se voit prolongé en 2018 de janvier à juin.

Plus tard, en avril 2018, le CAP répond à l’appel à projets « Amarrages ». Celui-ci préconise le travail auprès de jeunes «NEETS». Par-là, il faut entendre : tout jeune n’étant pas en situation d’emploi, d’études, de formation ou de stage. Autrement dit, le public-cible reste  celui-de l’Année Citoyenne : un public de jeunes en décrochage ou en situation de désaffiliation sociale. Par conséquent, nous décidons de déposer une demande de soutien. Nous y voyons bien évidemment, l’occasion de prolonger notre action.
Les projets « Amarrages » sont amenés à se terminer en juin 2021. La suite est incertaine quant aux possibilités de continuer à proposer ce projet. Des négociations sont en cours afin de dégager une politique européenne et, par la même occasion, définir des priorités à soutenir pour le Fonds Social Européen. Notre souhait est de réussir à pérenniser le projet et l’installer dans la durée.

e. Coordonnées de la/les personne(es) en charge du projet pour un partenariat

Pour plus d’informations, contacter Manu Baiwir et Johanne Kyndt, co-responsables du projet.

Mail : acv@anneecitoyenneverviers.be

Tél : 087/33.33.88
GSM : 0483/41.42.07.

Présentation

Le projet « Année Citoyenne Verviers » s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le décrochage scolaire, en considérant celui-ci comme une forme ou un symptôme de la « désaffiliation sociale ». Ce processus a notamment fait l’objet de nombreux travaux de Robert Castel qui permettent de dégager des caractéristiques communes au public concerné : isolement, perte de réseau social, perte de réseau culturel, marginalisation et décrochage scolaire. Toutes les caractéristiques ne s’appliquent cependant pas à chaque jeune.
Afin de lutter contre le décrochage scolaire, l’Année Citoyenne Verviers s’articule autour des moyens suivants :

  1. Se rendre utile et aider d’autres personnes ** L’UTILITE SOCIALE

Autour de soi ou face à l’actualité, chacun peut se sentir concerné par ce qui arrive sans pourtant savoir comment y réagir, finissant par conclure : « Qu’est-ce qu’on peut y faire ? » Ici, nous nous engageons concrètement en étant utiles aux associations et services publiques chez qui nous menons des chantiers.  C’est vivre une citoyenneté active et dynamique, c’est le fond du projet, son identité.

  1. Mieux connaître la société dans laquelle nous vivons ** LE LIEN SOCIAL

Les personnes et les associations avec qui nous travaillons représentent des éléments vivants de la société. Demandeurs d’asile, personnes malvoyantes, agriculteurs, militants, … Des personnes qui témoignent de leur vécu et aident à mieux saisir des questions centrales : la place de l’étranger, la production de nourriture, l’importance du travail manuel, la personne handicapée dans la ville, l’écologie, … Les jeunes ont donc rendez-vous avec la Société, c’est même notre slogan ! Il est avant tout question de lien social qui permet, en filigrane de mieux trouver sa place.

Nous avons ainsi pris beaucoup de temps dans l’élaboration du programme pour trouver des passeurs, des gens qui donnent envie de la société pour le dire autrement et cela paraît naturel alors que l’enjeu du vivre ensemble est sur toutes les lèvres. Si un jeune a du désir pour un métier, une orientation, un choix ; c’est autant, si pas plus, parce que quelqu’un lui aura donné le virus que parce qu’il se sera essayé un peu au domaine. Nous croyons tout autant à la figure du témoin plutôt qu’à celle de l’expert.

  1. Mieux se connaître, développer ses compétences ** LE DEVELOPPEMENT PERSONNEL

Au travers des chantiers et des rencontres, chacun peut prendre confiance en soi et mieux se situer face aux autres. Nous misons sur le développement de l’autonomie, personnelle et face aux autres. Quelques temps de formation et de créativité permettent aussi de développer des compétences tout en apprenant à vivre en groupe. Tous ces outils aident à enrichir un CV et effectuer un bilan en fin de parcours. Par ailleurs, nous faisons l’hypothèse que notre service civil donne plutôt des compétences de vie et non pas directement des compétences socioprofessionnelles (confiance en soi, estime de soi).

  1. Prendre un temps pour soi ** LE CHOIX DE VIE

C’est difficile de se définir en quelques mots à 16, 18, 20 ans. Pourtant, il est demandé de faire des choix rapidement, d’être productif, d’entrer dans la société. Est-ce possible sans pouvoir définir ce qui est important ? Faire des études par exemple, c’est déjà décider une partie de la vie. Et, avoir fait des erreurs, est-ce déjà trop tard ? Non, chacun peut avoir besoin de ralentir, évaluer, être critique envers la société, prendre peut-être une autre direction.  Le choix de vie, c’est ce qui engage le plus l’individu. D’où sa place en queue de peloton. Nous sommes bien conscients que peu de jeunes vont faire des choix de vie tranchés après leur passage chez nous mais cela reste un idéal à atteindre, sans contrainte, ni prosélytisme de notre part. Nous demeurons dans la proposition face aux jeunes. Chaque rencontre ou chantier peut vouloir dire : « d’autres mondes sont possibles».

Apporter quelque chose de cette profondeur dans la vie d’un jeune, cela reste un espoir et une joie pour tout éducateur et le travail en profondeur permis par l’immersion du service civil offre des perspectives à ce niveau.

Concrètement le projet se compose de plusieurs ingrédients :

  • Les chantiers :
    Représentant, en moyenne, 50% du temps total de l’expérience, le chantier est un ingrédient central du projet. Il constitue notamment une porte d’entrée aisée pour les jeunes les plus fragilisés. C’est à travers le chantier que le jeune volontaire a l’occasion de prendre place dans le projet et le groupe et ce, notamment, par le biais de la reconnaissance de compétences techniques acquises dans des expériences scolaires -qu’elles soient achevées ou pas- ou personnelles.

Le principe du chantier de l’Année Citoyenne Verviers repose sur le concept du service à la collectivité. Tous les chantiers se réalisent pour et avec des structures publiques ou des ASBL. La nature du travail varie d’un partenaire à l’autre, mais le dénominateur commun à tous nos partenaires reste bel et bien l’envie de partager une expérience de travail physique voire technique, avec des jeunes qui ne possèdent pas de compétences particulières dans le domaine. Nos partenaires ont tous cette « valeur sociale ajoutée » qui permet de faire sens pour les volontaires, bien loin d’un simple travail occupationnel.

  • Les rencontres :
    C’est une dimension primordiale dans l’ACV. A côté des chantiers visant l’utilité sociale, les rencontres proposées visent le développement du lien social. Prendre rendez-vous avec la société implique de s’y frotter pour mieux la comprendre, pour la vivre de l’intérieur, pour rencontrer des gens qui développent un mode de vie ou une idéologie différente de celle généralement promulguée tout en étant partie intégrante de la société.

L’aspect « rencontres » se caractérise donc par une figure centrale, un partenaire, un témoin.
Soit le partenaire-rencontre est un témoin, une personne apte à rassembler des évènements de sa vie, des expériences, des rencontres ou des idées et qui parvient à les formuler en discours avec autrui. Le témoin de l’aspect « rencontres » du projet ACV se distingue donc clairement d’un expert. Il n’a pas de diplôme particulier ou de titre. Son discours se base sur l’expérience de vie.
Soit le partenaire-rencontre est un professionnel travaillant dans une structure dont la connaissance pourrait s’avérer utile aux volontaires.

Enfin, les rencontres permettant d’aborder des grandes thématiques de société et qui permettent de créer des espaces de réflexions et de débat à un moment précis et limité dans la programmation. Elles recouvrent souvent des sujets de questionnement sous-jacent de notre société. On pourrait considérer ces rencontres comme des temps d’amorce pour aborder des thématiques de fond qui émergent notamment dans la vie de groupe.

  • Les sensibilisations :
    Les sensibilisations sont des moments plus formels visant à amener les volontaires à acquérir des compétences spécifiques qui, plus tard, pourront être valorisées sur un CV ou dans le milieu scolaire. Par exemple : sensibilisation à la sécurité sur chantier, brevet européen de premiers soins (BEPS),…
  • La créativité :
    Il ne s’agit pas juste de la capacité à bien dessiner, bien bricoler. La créativité, c’est bien plus que cela, car cela parle de la capacité de l’individu à oser, essayer, chercher, s’ouvrir, improviser… Nous déclinons cet ingrédient à travers la manipulation d’un appareil photo mais aussi via un atelier d’animation d’un grand jeu pour enfants et des ateliers d’improvisations. C’est aussi clairement dans une optique de (re)prise de confiance en soi que ces ateliers d’expression s’inscrivent. En lien aussi, de manière très pertinente avec les ateliers d’introspection menés dans le cadre du module orientation.
  • L’orientation :
    Dans le cadre d’un projet de lutte contre le décrochage scolaire, la présence d’un module d’orientation paraît évidente. Loin de nous, pourtant, l’idée simpliste de vouloir proposer un avant-après Année Citoyenne qui aurait pour prétention de s’attribuer les éventuels changements observés chez les jeunes après la participation au projet. La pertinence de ce volet orientation est donc à chercher dans le rapport entre les objectifs du projet (inspirés par la problématique) et la réponse proposée dans le cadre du dispositif « Année Citoyenne ». En ce qui concerne ce dispositif, c’est à travers l’objectif d’aider le jeune à reprendre confiance en lui que se trouve la pertinence et l’articulation de ce module.

Le module orientation se déroule en deux temps distincts : d’abord, des « ateliers d’introspection » ayant pour but d’amener les jeunes à mieux se connaître, cerner leur identité et leurs émotions par le biais d’ateliers d’expression créative.

D’autre part, un « module d’orientation », moins conceptuel, qui se déroule en toute fin de programmation et est proposée par deux agents du Centre PMS libre de Verviers, et qui a pour but d’amener le jeune à :

  • Faire le point sur les différentes expériences vécues à travers le projet et examiner ce qui lui a plu (chantiers, rencontres, partenaires, …) ou non.
  • Questionner le jeune sur ses projets d’après Année Citoyenne (retour à l’école, départ vers une formation, recherche d’emploi, …)
  • Analyser la faisabilité des projets envisagés par le jeune.
  • Accompagner le jeune dans une phase de démarches concrètes amorçant le début de ses projets d’après l’Année Citoyenne.
  • Réalisation d’un CV et simulation d’entretiens d’embauche.
  • La vie de groupe :
    Deux aspects permettent de mieux comprendre en quoi la problématique du décrochage scolaire peut être travaillée à travers le groupe et pourquoi c’est le cas dans le cadre du projet Année Citoyenne :
    D’une part, les jeunes concernés par le décrochage scolaire sont des individus qui, si rien n’est fait pour leur venir en aide, entrent dans une logique de désaffiliation sociale, c’est-à-dire une situation d’isolement et de rejet des institutions en ce comprise, l’institution scolaire. On entend donc ici lutter contre l’isolement par le biais de l’expérience vécue en groupe. On entrevoit le traitement de la problématique d’un point de vue institutionnel.

D’autre part, au regard de son isolement, ce public présente également une carence d’interactions sociales et/ou culturelles. Le décrochage scolaire est ici à observer d’un point de vue relationnel.

C’est donc dans l’optique de mettre en place un dispositif permettant au public de renouer avec les institutions et de retisser des liens interpersonnels que la dimension groupale du projet prend du sens. Autrement dit, via le travail en collectif, il s’agit bien de (re)construire un réseau articulé à deux facettes tel que décrites ci-dessus.

En termes de relation avec les jeunes, le projet trouve ses outils dans la Pédagogie Institutionnelle. Cette façon de fonctionner permet notamment une grande appropriation du projet par les jeunes et les remet en position de sujet de leur expérience. Chaque jeune est invité à prendre une (ou plusieurs) responsabilité en lien avec les besoins du projet : responsable de la comptabilité, responsable de la page Facebook, responsable des relations avec les partenaires,…
Un Conseil clôture chaque semaine et permet d’évaluer et de construire collectivement le projet. Organe de régulation par excellence, le conseil est un moment inévitable dans la semaine de l’Année Citoyenne. C’est l’occasion pour le groupe, membres et cadre rassemblés,  d’aborder les différents aspects du projet. La vie de groupe, la programmation, les responsabilités, les couleurs de reconnaissance y  sont débattus. Toutes les décisions importantes et qui ont un impact sur le groupe sont prises dans et par le conseil.

Annexes :

Reportage Citoyenne 2018 :       https://youtu.be/Hef4QK6VBw4
Site internet du projet :               www.anneecitoyenneverviers.be
Page Facebook du projet :         Année Citoyenne Verviers
Site web du CAP :                       http://www.cap-amoverviers.be

Back To Top